Mercredi 2 décembre 2009 3 02 12 2009 17:49
Il était une fois un grand jardin, le grand jardin de ma vie. Il avait jailli, un jour d’hiver, au détour d’une rencontre.

Le papa jardin et la maman jardin avaient fait ce qu’ils croyaient le mieux à faire pour ce petit jardin inattendu. Ils lui donnèrent de l’engrais, lui apportèrent leur présence, lui proposèrent leurs attentes et leurs demandes. Ils surveillaient jalousement les pousses. Si d’ aventure quelque herbe folle poussait là, elle était aussitôt arrachée.

Il fallait que tout pousse droit. Sinon, que diraient « les autres » ?

Peu de mots étaient échangés. Pour ces parents là, il n’était pas nécessaire de parler, d’exprimer. Ils avaient la croyance que tout se vit en silence, à l’intérieur, à l’abri de « l’extérieur ».

Et le petit jardin avait grandi, comme cela, sans poser de questions, en jardin obéissant, sans repères, sans mots pour se dire, sans être entendu.

Plus tard, devenu grand, le jardin rencontra un jardinier extraordinaire qui avait dans son sac de fabuleux outils. Ces outils s’appelaient : oser se dire, oser dire non, oser recevoir,- oser demander, se relier à soi, se relier aux autres,- se relier à son histoire, utiliser les symbolisations, ne pas vouloir agir sur l’autre, agir à son bout de la relation, et d’autres encore...!

Enfin le jardin sentit la vie venir en lui, belle, possible.

Dans sa terre, il retrouva ses demandes jamais dites, ses désirs jamais dits, ses besoins. Il entendit, derrière les souffrances, les blessures encore ouvertes. C’était tout cela qui faisait mal, qui empêchait les racines d’aller plus loin, vers l’eau, vers la vie.

Les choses changèrent quand le jardin s’autorisa enfin à être « l’auteur » de sa vie... Des fontaines jaillirent et arrosèrent la terre. Cette terre pouvait enfin laisser venir en elle un autre regard, d’autres possibles...

Avec, au plus profond du coeur de ce jardin, une infinie tendresse, claire comme l’eau de la fontaine au printemps, lumineuse comme le soleil d’été, chaude comme l’amour offert une nuit d’hiver, légère comme un vent d’automne quand le soir tombe, une douce tendresse pour le jardinier de la vie.

Par gegouska
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 12 2009 17:58
Je voudrais que l'amour soit doux
Comme une silencieuse mer intérieure
Dont les vagues caressent les plages
Et se retirent dans un clapotis plein de mystère.

Je voudrais que l'amour soit doux
Comme un soleil qui lentement se lève,
Dont les rayons réchauffent la terre
Et se couchent, ne laissant qu'une suave chaleur.

Je voudrais que l'amour soit doux
Comme une graine que le printemps appelle,
Qui, insensiblement, écarte la terre
Pour percer à l'air libre quand la saison est là.

Je voudrais que l'amour soit doux
Comme un oisillon qui, pianissimo, chante,
S'essayant peu à peu à ses trilles
Pour atteindre le brio de sa musique d'oiseau.

Je voudrais que l'amour soit doux
Comme une main qui caresse mon coeur,
Refermant les blessures du passé
Pour ne laisser qu'une terre à ensemencer.

Je voudrais que l'amour soit doux,
Qu'infiniment, il s'installe et chante,
S'étirant quotidiennement sans bruit
Pour éclairer mon coeur qui l'a tant désiré...

Elisabeth Lafont

Par gegouska
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 11 2009 17:07

Le bonheur est une plume
La plus légère qui soit.
Il faut l'attraper
Quand elle passe.

Le bonheur se cueille dans l'instant,
Avec précaution
Comme une fleur,
Avant qu'elle ne se fane.

Le bonheur est cette poudre de soie,
Qui passe, légère, devant la lune,
L'effleure, l'enserre,
Et la pénètre de sa paix.

Même fragile, le bonheur
Transfigure les choses insignifiantes,
Il fait oublier le réel,
Alors que la pensée remodèle nos traits.

La joie monte en nous, quand nous la donnons.
C'est cela le moteur du bonheur.
La découverte du bonheur d'aimer
S'ajoute au bonheur d'être aimé.

Et malgré la nuit du monde,
Malgré les destructions,
Tenons notre lampe allumée,
Pour que vive au dehors la lumière du bonheur.

Hélène Ellenberger, Ferveur d'Automne

Par gegouska
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 11 2009 07:25
 

LA LEGENDE DU SAPIN

Autrefois, tous les arbres de la forêt conservaient leurs feuilles à l'approche de l'hiver. Aujourd'hui, seul le sapin reste vert à la mauvaise saison.
Aux alentours de N
oël, un petit oiseau ne put s'envoler vers les pays chauds, car son aile était brisée. Comment allait-il résister à la rigueur de l'hiver ?
Tremblant de froid, il s'abrite dans le feuillage d'un gros chêne. Le chêne refuse de l'accueilli
r : "Va-t-en, tu vas manger tous mes glands" dit-il.
Malgré la neige, il quitte le gros arbre pour se réfugier dans les branches du hêtre touffu. "Ne reste pas là, tu vas picorer mes faines" dit-il.
Le petit oiseau terrifié s
'échappe pour se cacher dans un bouleau qui le chasse sans tarder : "Je ne veux pas de toi, tu vas salir mes branches".
Repoussé par tous les arbres, le petit oiseau se couche dans la neige pour mourir. Il voit soudain à quelques pas de là un sapin qui lui fait signe. Les ailes engourdies par le froid, il se traîne vers le sapin. "Ici, tu ne crains rien, je te protégerai" lui dit-il. La veille de Noël, un vent terrible souffla sur la forêt. Tous les arbres perdirent leurs feuilles sous la force du vent. Seul le sapin conserva son feuillage, car il avait accueilli le petit oiseau malade.
Voilà pourquoi le sapin est aujourd'hui l'arbre de Noël, généreux et protecteur, autour duquel nous
nous réunissons.

Par gegouska
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 11 2009 19:45
Crépuscule
Aux vallons endormis la nuit glisse en silence.
Mes vieux pins sont drapés dans leurs
sombres manteaux.
On n'entend plus monter le rythme des marteaux,
On ne voit plus la nef que la vague balance.

Une fauve lueur, comme un éclair de lance,
Embrase un coin du ciel, au-dessus des coteaux.
Les cimes ont de l'or dans leurs noirs chapiteaux.
Vers ces derniers rayons le vol des
coeurs s'élance.


Et c'est le soir pour moi ! Loin mon joyeux matin,
Loin le midi de flamme où mon coeur libertin,
Martelé par l'amour, sonnait comme une enclume !

Mais au fond de mon âme où le soleil a lui,
Crépuscule nouveau qu'un souvenir allume,
Je vois un doux reflet de mon bonheur enfui.








Léon-Pamphile LE MAY
 
Par gegouska
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