Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 09:34

 

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HIER...

Toi le Tisseur de mes maux
avais mis dans ma vie un rideau
de nuages
et de rage.
Toi le merle noir
buveur de mes espoirs.
Toi le cavalier
au coeur plus dur que de l'acier.
Toi le nomade indécis
enfin tu es sorti de ma vie !
Toi la lointaine étrangère
prise dans ses filets
celle qu'une aile légère
a voulu sauvegarder
toi, qui m'as couverte de ton mépris
finalement tu es bien comme lui
tes mots doux, tes poésies
ne sont qu'hypocrisie

Mais ça, cétait hier et c'est fini
moi je m'en suis sorti....


AUJOURD'HUI...

Toi , qui doucement a pris ma main
pour m'emmener dans les chemins
où tes rires se sont mêlés aux miens
pour me faire oublier mes chagrins.
Toi, et ce baiser effleurant mes cheveux
Ton doux regard qui plonge dans mes yeux
Toi, dont le souffle chaud
court le long de ma peau
Dans ces petits matins
câlins....
Toi, qui sais tout partager
Toi, plein de douceurs innées
Toi, qui sais conjuguer
tout simplement le verbe aimer.

Toi, qui a fait de mon "aujourd'hui"
une renaissance à la vie.....


DEMAIN.....

De quoi seront faits mes lendemains ?
Peut être simplement de tous petits riens
mais des lendemains
qui chanteront enfin..........


AILE BLEUE - 29 AVRIL 2008

 

 

 

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Par gegouska
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 15:31

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Il faut que le poète

 

Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur,
Esprit doux et splendide, au rayonnement pur,
Qui marche devant tous, éclairant ceux qui doutent,
Chanteur mystérieux qu'en tressaillant écoutent
Les femmes, les songeurs, les sages, les amants,
Devienne formidable à de certains moments.
Parfois, lorsqu'on se met à rêver sur son livre,
Où tout berce, éblouit, calme, caresse, enivre,
Où l'âme à chaque pas trouve à faire son miel,
Où les coins les plus noirs ont des lueurs du ciel,
Au milieu de cette humble et haute poésie,
Dans cette paix sacrée où croit la fleur choisie,
Où l'on entend couler les sources et les pleurs,
Où les strophes, oiseaux peints de mille couleurs,
Volent chantant l'amour, l'espérance et la joie,
Il faut que par instants on frissonne, et qu'on voie
Tout à coup, sombre, grave et terrible au passant,
Un vers fauve sortir de l'ombre en rugissant !
Il faut que le poète aux semences fécondes
Soit comme ces forêts vertes, fraîches, profondes,
Pleines de chants, amour du vent et du rayon,
Charmantes, où soudain l'on rencontre un lion.

 

Victor HUGO

 

 


Par gegouska
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 17:19

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L'adieu

 

Le soir fraîchissait dans les roses.
Inquiets de troubler ce charme défaillant,
Des êtres inconnus, voluptueusement,
Atténuaient les choses
De voiles hyacinthes, semblables à des mers.
Tout s'effaçait en un calme silence,
Et devenait l'imperceptible hier.
Des choses qui mouraient paraissaient immortelles,
D'autres, languissamment, s'exhalaient dans le ciel,
Et pour qu'aucun regret n'en fût en nos pensées,
Tout en nous oubliant, semblaient comme oubliées.

Mais, à cette heure suprême
Nos visages encor tournés vers le bonheur,
Attardés dans le soir, dans l'adieu, dans les pleurs,
Attardés en nous-mêmes ;
Nous voulions, malgré que tout espoir fût vain,
Revivre ce beau jour, et seuls, le soir atteint,
Seuls, nous ne savions nous détacher des choses,
À l'heure où les parfums se détachaient des roses,
Et la lumière de notre seuil.

 

Charles VANLERBERGHE

 

 


Par gegouska
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 18:15

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La Génisse, la Chèvre, et la Brebis, en société avec le Lion

 

La Génisse, la Chèvre, et leur soeur la Brebis,
Avec un fier Lion, seigneur du voisinage,
Firent société, dit-on, au temps jadis,
Et mirent en commun le gain et le dommage.
Dans les lacs de la Chèvre un Cerf se trouva pris.
Vers ses associés aussitôt elle envoie.
Eux venus, le Lion par ses ongles compta,
Et dit : "Nous sommes quatre à partager la proie. "
Puis en autant de parts le Cerf il dépeça ;
Prit pour lui la première en qualité de Sire :
"Elle doit être à moi, dit-il ; et la raison,
C'est que je m'appelle Lion :
A cela l'on n'a rien à dire.
La seconde, par droit, me doit échoir encor :
Ce droit, vous le savez, c'est le droit du plus fort
Comme le plus vaillant, je prétends la troisième.
Si quelqu'une de vous touche à la quatrième,
Je l'étranglerai tout d'abord. "

 

Jean de LAFONTAINE

 

 


Par gegouska
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 07:47

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C'était la première soirée

 

C'était la première soirée
Du mois d'avril.
Je m'en souviens, mon adorée.
T'en souvient-il ?

Nous errions dans la ville immense,
Tous deux, sans bruit,
A l'heure où le repos commence
Avec la nuit !

Heure calme, charmante, austère,
Où le soir naît !
Dans cet ineffable mystère
Tout rayonnait,

Tout ! l'amour dans tes yeux sans voile,
Fiers, ingénus !
Aux vitres mainte pauvre étoile,
Au ciel Vénus !

Notre-Dame, parmi les dômes
Des vieux faubourgs,
Dressait comme deux grands fantômes
Ses grandes tours.

La Seine, découpant les ombres
En angles noirs,
Faisait luire sous les ponts sombres
De clairs miroirs.

L'oeil voyait sur la plage amie
Briller ses eaux
Comme une couleuvre endormie
Dans les roseaux.

Et les passants, le long des grèves
Où l'onde fuit,
Étaient vagues comme les rêves
Qu'on a la nuit !

Je te disais : - " Clartés bénies,
Bruits lents et doux,
Dieu met toutes les harmonies
Autour de nous !

Aube qui luit, soir qui flamboie,
Tout a son tour ;
Et j'ai l'âme pleine de joie,
Ô mon amour !

Que m'importe que la nuit tombe,
Et rende, Ô Dieu !
Semblable au plafond d'une tombe
Le beau ciel bleu !

Que m'importe que Paris dorme,
Ivre d'oubli,
Dans la brume épaisse et sans forme
Enseveli !

Que m'importe, aux heures nocturnes
Où nous errons,
Les ombres qui versent leurs urnes
Sur tous les fronts,

Et, noyant de leurs plis funèbres
L'âme et le corps,
Font les vivants dans les ténèbres
Pareils aux morts !

Moi, lorsque tout subit l'empire
Du noir sommeil,
J'ai ton regard, j'ai ton sourire,
J'ai le soleil ! "

Je te parlais, ma bien-aimée ;
Ô doux instants !
Ta main pressait ma main charmée.
Puis, bien longtemps,

Nous nous regardions pleins de flamme,
Silencieux,
Et l'âme répondait à l'âme,
Les yeux aux yeux !

Sous tes cils une larme obscure
Brillait parfois ;
Puis ta voix parlait, tendre et pure,
Après ma voix,

Comme on entend dans la coupole
Un double écho ;
Comme après un oiseau s'envole
Un autre oiseau.

Tu disais : " Je suis calme et fière,
Je t'aime ! oui ! "
Et je rêvais à ta lumière
Tout ébloui !

Oh ! ce fut une heure sacrée,
T'en souvient-il ?
Que cette première soirée
Du mois d'avril !

Tout en disant toutes les choses,
Tous les discours
Qu'on dit dans la saison des roses
Et des amours,

Nous allions, contemplant dans l'onde
Et dans l'azur
Cette lune qui jette au monde
Son rayon pur,

Et qui, d'en haut, sereine comme
Un front dormant,
Regarde le bonheur de l'homme
Si doucement ! [...]

 

Victor HUGO

 

 


 

 


Par gegouska
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